Yoga Nidra

Le Yoga Nidra est une technique indienne de relaxation profonde, entre veille et sommeil.
Le corps repose complètement et l’esprit reste éveillé. Traduction : le sommeil du yoga.

Cette forme singulière de yoga cherche à conjuguer la relaxation profonde et la conscience attentive afin d’investiguer consciemment les états de veille, de rêves et de sommeil profond, notamment en offrant des moyens pour endormir le corps et le mental en gardant la conscience en alerte.

Cette approche très complète (qui a inspiré la sophrologie) permet de vivre des moments de grande tranquillité, de joie et de bien-être.

Concrètement, cela consiste à suivre des instructions verbales qui nous guident à travers différentes étapes de relaxation, de conscience de la respiration et de visualisation.

Contrairement au sommeil régulier, Yoga Nidra nous permet de rester conscient tout en accédant au repos profond.
Chacun est allongé à même le sol, tourné vers le ciel, les yeux clos pour mieux s’intérioriser (un coussin posé sur les paupières), dans l’immobilité, guidé pour lâcher-prise progressivement, laisser les couches les plus grossières du mental se dissoudre pour accéder à des niveaux plus subtils.
La température du corps baisse (un plaid est alors bien confortable), le rythme cardiaque se ralentit.

Cette pratique est largement ouverte à tous puisqu’elle ne demande pas d’aptitude physique particulière. Elle mène à la lisière, l’entre-deux aux confins du sommeil, là ou la conscience peut basculer de la veille au sommeil profond.

Le déroulement d’une séance de Yoga Nidra symbolise les différents états de conscience.
– 1ère partie, la préparation, correspond à l’état de veille.
– 2e partie, la rotation de la conscience, correspond à l’état de sommeil profond, le corps dans lequel s’effectue ce pèlerinage approchant l’état de sommeil.
– 3e partie, le rêve, correspond au sommeil avec rêve.
– 4e partie, constituée par un silence (…)
– 5e partie, le retour, le réveil et l’assise.

  1. D’abord trouver un espace adapté : paisible, éclairage ajusté. Pour créer une atmosphère propice à la relaxation profonde et à l’introspection, un peu de matériel : tapis, coussins, oreiller sous la tête, plaids, masque pour les yeux.
  2. Aborder cette pratique avec bienveillance et gentillesse vis-à-vis de soi-même. Dans la société d’aujourd’hui qui nous demande d’être toujours plus productifs et rapides, il est parfois difficile de ralentir et de simplement « prendre » le temps de prendre soin de soi. Lors des premières tentatives, si les pensées errent ou dérivent pendant la pratique, savoir qu’avec la régularité, ces phénomènes finiront par s’estomper.
  3. Se fixer l’intention de rester conscient et réceptif tout au long de la pratique.
  4. Créer une intention (Sankalpa), au début de la pratique, claire et positive, pour notre progrès personnel, pour développer une ou plusieurs qualités (par exemple, « Je suis calme et en paix ») et la répéter silencieusement plante une graine positive dans notre subconscient. Notre Sankalpa agit comme une boussole, comme un GPS tout au long de la séance, et par la suite nous garde aligné avec notre objectif.
  5. Une rotation de la conscience, un scan du corps, guide progressivement notre conscience dans chaque partie de notre corps, une à une jusqu’à ce que toute tension physique ait été libérée et que notre attention se concentre dans le moment présent. Cette étape permet d’approfondir la conscience tout en exerçant les bases d’une relaxation profonde.
  6. Une fois le corps au repos, l’attention se déplace vers notre respiration. Guidé à observer son flux naturel lorsqu’elle pénètre et quitte les narines ou soulève et abaisse le ventre. Cette observation ralentit naturellement la fréquence du souffle et stimule le système nerveux parasympathique.
  7. Accepter tout ce qui se passe pendant la pratique. Observer les émotions faisant surface, comme des nuages qui dérivent dans le ciel, accueillir sans jugement les pensées ou sensations physiques, simplement, avec curiosité. Cette conscience sans jugement est la clé du Yoga Nidra et peut aider à libérer les tensions et les émotions.
  8. Réaffirmer notre intention (Sankalpa) fixée au début de la pratique dans cet état profondément réceptif renforçe l’empreinte sur le subconscient.
  9. La pratique se termine en ramenant lentement la conscience au corps et à l’environnement.
  10. Laisser infuser, intégrer la séance, l’expérience : comment nous sentons-nous physiquement, mentalement et émotionnellement? Quelles idées ou sensations en sont nées ?

Yoga Nidra ne se veut pas thérapie : même s’il restaure notre équilibre, son intention n’est pas de guérir. Dans la tradition indienne, ce qui traite de la santé appartient à l’Ayurveda, pas au Yoga. Les thérapies tentent de sortir de l’eau celui qui se noie, le Yoga Nidra se contente de vous apprendre à nager, ou comme on dit en Inde : « Il ne coupe pas les ficelles, mais défait les noeuds »

Mathieu, Dormir pour s’éveiller, le Yoga nidra traditionnel

Le Yoga Nidra est une pratique pour se débarrasser du stress et de l’anxiété. C’est également un outil puissant pour aider à réguler les cycles de sommeil (il favorise la libération de mélatonine), pour stimuler la concentration et aider à la guérison émotionnelle. Comme toute pratique de yoga et parce qu’il fonctionne au niveau subconscient, il soutient également le changement d’habitude et la croissance personnelle.

Il permet d’explorer en profondeur l’ensemble des structures de l’être et des états de la conscience, afin de les observer, de les comprendre et de laisser se dévoiler le Soi véritable et immuable.

En cultivant la relaxation profonde, l’attention sans tension, le discernement, le lâcher-prise et le détachement, le Yoga Nidra révèle un espace de quiétude.

Le Yoga Nidra, comme tous les autres yogas, doit se pratiquer avant tout !

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